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Bonjour Cousins, Bonjour Cousines - Ajoutée le 21/07/2010 à 11:26.
 
 

BONJOUR COUSINS, BONJOUR COUSINES

 A un moment plus ou moins avancé de notre vie, nous sommes curieux de connaître nos origines. D'où venons-nous ? Qui étaient nos aïeuls ? Que faisaient-ils ? C'est ce qu'on appelle la généalogie.
 
Peu pratiquée dans le passé, elle conquit, au fil des ans, un succès de curiosité de plus en plus important.
 
Le Centre de Généalogie a vu le jour en 1970 à PORT-DE-BOUC à l'initiative d' Yvan MALARTE, prématurément disparu.
 
Yvan travaillait à la Mairie de cette ville, en qualité de Responsable des restaurants scolaires et avait fréquemment des contacts avec nous à ce sujet.
 
Passionné de généalogie, il était venu me demander de fouiller dans nos archives pour y trouver la filiation de telle ou telle famille. En effet, la commune de PORT-DE-BOUC étant de création récente -en 1866- ne possédait pas suffisamment d'archives sur ces questions.
 
Or jusqu'en 1789, les paroisses de FOS-SUR-MER et de l'Ile (MARTIGUES) se disputaient les sacrements. Aussi, pour trancher le débat, l'Archevêque d'ARLES décida que seul le curé de l'Ile (MARTIGUES) pourrait donner les sacrements de baptêmes, viatiques et extrêmes-onctions, tandis que les mariages et communions pascales le seraient par celui de FOS-SUR-MER. D'où l'intérêt manifesté par Yvan de consulter les archives de la paroisse de l'Ile¹.
 
Plus tard, il souhaita mettre toutes ses recherches sur informatique, ce qui fut fait. Sous son impulsion, son association devint un important Centre de Documentation baptisé Centre Généalogique de Midi-Provence. Il regroupe 7 cercles de généalogie situés dans différents départements du Sud de la FRANCE (Région PACA). Son association créée à PORT-DE-BOUC est devenue un remarquable centre de généalogie, dont le siège est basé à la Bibliothèque de cette commune.
 
Nos anciens avaient leur arbre généalogique "dans la tête". Ma mère excellait de mémoire dans ce domaine.
Maintes fois, en promenant dans MARTIGUES, elle me disait : "Celui-là ou celle-là, est un cousin ou une cousine". Elle ajoutait : "Tous les "HUGUES" de Saint-Jean sont nos cousins (mon arrière-grand-mère était une "HUGUES" de Saint-Jean"). Mais ma mère était pourtant bien loin du compte !
 
Lors d'une manifestation organisée à PORT-DE-BOUC sur la généalogie, l'association a souhaité m'offrir en 2002, afin de me remercier pour l'aide apportée par la Ville de MARTIGUES dans ses recherches, mon arbre généalogique.
 
Ce fut une agréable surprise et un cadeau royal cela va sans dire, car ce travail a demandé beaucoup de recherches. Ce volume, comprenant 200 feuillets, de 2,5 cm d'épaisseur, représente ma généalogie et comprend une ascendance de 550 personnes entre MARTIGUES -ascendance pour ma mère à 90 % de MARTIGUES, à partir de 1634- et LA CIOTAT, SAINT-CYR, LA CADIERE et ENTRECASTEAUX –ascendance pour mon père également à 90 % depuis 1641.
 
Cette étude généalogique m'a fait, on s'en doute, énormément plaisir, aussi bien pour la branche de ma mère que pour celle de mon père. Tant pour l'un que pour l'autre, mes aïeux sont restés fidèles à leur terroir. Cela se comprend pour MARTIGUES -branche "pêche et dérivés"- et pour LA CIOTAT -branche "paysannerie"- et cela jusqu'au lendemain de la guerre de 1914-1918 quand les deux villes de MARTIGUES et LA CIOTAT se sont par la suite industrialisées (beaucoup moins à ENTRECASTEAUX) et ont amené d'autres familles qui font également partie de la grande famille Martégale ou Ciotadenne.
 
La "Tribu" des Martégaux d'origine avant 1914 a toujours été unie pour défendre notre petite patrie et son territoire. D'autres depuis sont venues enrichir le "Clan".
 
Mes racines sont donc provençales à 100 %. Du côté de ma mère, mes aïeuls sont à 90 % nés à MARTIGUES, mariés à MARTIGUES et décédés à MARTIGUES.
 
On comprend mieux à quel point j'aime ma ville (bien qu'elle ne m'ait pas vu naître).
 
BONJOUR DONC CHERS COUSINS ET COUSINES DES FAMILLES :
 
EYGASIER, BOUTIN, ROUBIEU , HUGUES, TURC, FÉRAUD, MOUTTET, GOUME, ARNAUD, PAUL-BERNARD, OLIVE, ESPANET, PIGNATEL, JEAN, LAURENS, SISTERON, TOURREL, ESCAVIS, COULET, SIMIOT, ROMAN, FOUQUE, ESTIENNE, AUDIBERT, DELOUY, BOUROUILLE, JOURDAN, RIVIERE, CHAVE.
 
J'arrête là car nous sommes déjà à la XIIIème génération, c'est-à-dire en l'an 1646. De plus, si l'on considère que depuis la 4ème génération (celle dont j'ai entendue parler autour de moi), chaque aïeul ou aïeule comptait au moins de 4 à 10 frères et sœurs, on imagine les ramifications que cela représente encore dans la population Martégale d'aujourd'hui.
 
Au lendemain des Élections Régionales dans un journal local (toujours bien intentionné à mon égard) on a pu lire une déclaration "que la population n'était plus lombardienne". Je ne sais, mais en tout cas, pour moi elle est toujours Martégale de souche et cela suffit à mon bonheur !
 
 
 
Sources :
 

1
Charles CRETINON pour son livre "PORT-DE-BOUC"

 
 
   
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Août 1985, Martigues "inventait" les Sardinades - Ajoutée le 02/07/2010 à 17:02.
 
 

AOUT 1985
MARTIGUES "INVENTAIT" LES SARDINADES

 
En 1983, notre nouvel Hôtel de Ville étant construit et terminé aux Salins, nous avons déménagé de notre "Vieille Mairie" occupée depuis 1808.
 
Ce bâtiment était, certes, trop exigu pour recevoir tous les Services Municipaux (une demi-douzaine était dispersée aux 4 coins de la Commune) et ne pouvait plus nous suffire (non seulement pour notre personnel, mais surtout pour la population qui ne savait où s'adresser pour telle ou telle démarche). Mais, je dois vous le dire aujourd'hui, nous (la Municipalité et son Conseil Municipal) en avions "gros sur le cœur".
 
Pour nous et la plupart des Martégaux d'origine, ce lieu représentait nos racines et notre seconde maison "familiale".
 
A notre départ du Cours de l'Ile en 1983, nous décidâmes de partir à pieds, solennellement jusqu'à Ferrières, pour rejoindre le nouvel Hôtel de Ville. Nous étions alors partagés entre la tristesse de quitter une vieille "amie" et la joie et la fierté de donner naissance à un nouveau "compagnon".
 
Soyons francs, nous avions tous et toutes la larme à l'œil. Néanmoins, l'accueil que nous réservèrent plusieurs milliers de nos concitoyens lors de son inauguration, nous réconforta malgré tout.
 
Nous ressentions de la joie, mais aussi de la mélancolie. Joie d'inaugurer une telle structure tant désirée et tellement fonctionnelle. Mélancolie de déserter le vrai centre historique de notre Ville, avec le souci de compenser ce départ de l'Ile par de nouveaux Services Publics, voire des animations pour ce quartier qui en avait bien besoin.
 
Nous avions déjà programmé pour les mois qui venaient : la Médiathèque, la Maison de la Formation (au départ de l'ancien hôpital), le siège de la Caisse d'Allocations Familiales, l'école de Musique, la rénovation complète de notre patrimoine immobilier, etc…
 
En attendant, restait à trouver une animation sinon permanente, du moins marquante.
 
Louis SAMMUT, notre Secrétaire Général Adjoint et René GAUDINO, Premier Directeur de notre Société d'Economie Mixte d'Organisation et de Gestion des Equipements Touristiques (S.E.M.O.V.I.M.¹) avaient l'habitude de prendre leur petit déjeuner, plus que copieux, avec d'autres "bons vivants" au Bar des Colonies (aujourd'hui "la Petite Venise").
 
Louis, en plaisantant, avait demandé, à plusieurs reprises, au propriétaire du Bar (tous deux originaires d'Afrique du Nord) pour quelle raison il ne proposait pas des grillades de poissons -en prenant exemple de ce qu'ils avaient connu en Tunisie ou en Algérie-.
 
Le patron finit pas se laisser convaincre et installa un barbecue sur sa terrasse où il fit griller sardines et merguez. L'odeur qui s'en dégagea était plutôt désagréable et au lieu d'attirer la clientèle, la repoussa.
 
Cependant, Louis et René avaient "flairé" (c'est le cas de le dire) la bonne idée.
 
A cette époque dans les années 1980, la pêche de la sardine était très importante dans le quartier Maritime de MARTIGUES. Les chalutiers Martégaux et Port-de-Boucains bénéficiaient de subventions pour le rejet en mer de forts tonnages de sardines, afin de maintenir un prix minimum à la vente. Cela ne pouvait évidemment pas durer ….
 
C'était, il faut le reconnaître, un immense gâchis. Comment promouvoir la promotion de la sardine et lui rendre ses lettres de noblesse, autrement que dans une boîte de conserves.
 
Louis (SAMMUT), René (GAUDINO) et moi-même pensions que la "grillade" qui n'avait pas été concluante chez un petit commerçant, pouvait se reprendre à une plus grande échelle par la Ville, sous l'égide de notre S.E.M.O.V.I.M.
 
L'idée de cette création fit donc son chemin et visait plusieurs objectifs :
 

1
Animer le quartier de l'Ile
2
Faire connaître ce produit au grand public
3
Augmenter indirectement la vente de ce poisson localement, puis régionalement pour le plus grand profit de l'économie locale
4
En aucun cas, en faire une affaire commerciale

 
Pour assurer son succès promotionnel en Août 1982, René GAUDINO confia l'étude à une société spécialisée en matière de marketing (recherche d'appellation, logo, affiches, publicités diverses confiées au Groupe TALISMAN dont le Directeur était M. ESKENASI Jean).
 
Plusieurs appellations nous furent donc proposées. Le terme de "Sardinade" fut finalement retenu, agrémenté de quelques dessins (type bandes dessinées) un peu "rigolos" qui représentaient la sardine dans tous ses états …
 
Le site choisi fut évidemment le quartier de l'Ile à l'emplacement du parking actuel de la Médiathèque Louis Aragon. Tout le matériel "cuisine" fourni par la Ville fut bien sommaire au début, car nous ne savions pas si une telle initiative serait bienvenue ou pas.
 
Blaise COLARULLO déjà Chef Cuisinier de la Cafétéria de la Mairie, nous prêta son concours, aidé au début par son alter ego, GAMEAUX Bernard et par des bénévoles.
 
Toute la logistique en place, nous pûmes démarrer en Août 1985.
 
La dégustation était gratuite à raison de 5 sardines par assiette, accompagnées d'une boisson au choix "soda ou vin" pour un prix modique de 3 (0,46 euro) puis de 5 (0,76 euro) francs par verre.
 
Ouverte au public pour la première fois en Août 1985 et bien soutenue par la presse locale, cette "Sardinade" eut un succès foudroyant (en un mois 20 173 assiettes servies, ainsi que 17 731 verres).
 
Nos projets étaient donc largement atteints :
 

1
Une animation du quartier de l'Ile : 600 personnes tous les soirs de 18H à 21H, venant de toute part pour une dégustation pouvant induire des repas dans tous les restaurants de la Ville de Martigues
2
L'achat, par jour, de 200 kg de sardines aux pêcheurs
3
Cette opération permit une meilleure connaissance de ce produit au grand public, d'en faire sa promotion (les ventes de sardines augmentèrent parallèlement), mais aussi celle de la Ville de MARTIGUES, non seulement au niveau régional, mais aussi national
4
Une démarche sans but commercial et sans gêne aucune pour les restaurateurs locaux

 
Satisfaits et heureux à la fois de la pleine réussite de cette initiative, nous n'imaginions pas cependant l'ampleur qu'elle allait prendre ici et ailleurs par la suite.
 
Naturellement en 1986 pour les mois de Juillet et Août, nous revîmes toute son organisation pour faire face à cet engouement et dans l'éventualité d'une demande encore plus importante : renfort en personnel, amélioration des cuisines, confection de plateaux plus légers, grilles barbecues, mise en place de hottes aspirantes pour absorber la fumée et les mauvaises odeurs.
 
A la fin de l'été, le record fut évidemment battu avec 46 400 assiettes pour 15 tonnes de sardines. Par ailleurs, le petit Train Touristique que nous avions loué passait de 15 000 usagers en 1985, à 30 000 en 1986. Bref, succès complet.
 
La presse locale "Le Provençal" et "la Marseillaise", par des photos et reportages plus qu'élogieux, nous ont soutenus dès le départ et encore davantage par la suite.
 
Le succès se propagea un peu partout dans la Région et même très loin de la Commune. Pour témoignage : Monsieur Jean-Claude GAUDIN alors Président de la Région P.A.C.A., nous avait consultés pour l'aider à organiser une "Sardinade Géante" dans le Vaucluse à CARPENTRAS. Nous répondîmes à sa demande en envoyant "l'escouade de fer", Blaise et Bernard. Là encore un véritable tabac !.
 
La mode était bien lancée : par précaution, nous avions déposé le label "Sardinades de MARTIGUES" à l'Institut National de la propriété industrielle, car l'appellation "Sardinades" n'existait pas dans le langage courant et encore moins sur le plan commercial.
 
Pour mémoire, nous avons cédé ce label, pour le compte de la Ville, à un producteur Danois spécialisé dans les produits de la mer pour les pays scandinaves. Nous n'avons, par contre, jamais exigé des royalties par ailleurs.
 
Comme je l'ai souligné "Les Sardinades" ont été conçues non pas dans un but commercial, mais uniquement pour animer le quartier de l'Ile et promouvoir la sardine.
 
Néanmoins, compte tenu de la gratuité et face à l'importance des charges assurées en totalité par la Ville, il était évident que nous ne pouvions continuer sur le même rythme.
 
Lors du lancement de l'opération, nous avions bénéficié d'une subvention de 50 000 francs (7 623 euros) du Ministère de la Mer très accroché à notre concept. Pour la pérennité de l'action, la Commune y avait participé à hauteur de 100 000 francs
(15 250 euros) par an.
 
C'est pourquoi en 1993, nous en confièrent la succession à une association des restaurateurs du quartier de l'Ile. Elle en prit la gestion jusqu'à sa mise en concession. Néanmoins, la construction de l'extension de la Médiathèque (en 2005) obligea le déplacement de cette manifestation dans un autre lieu.
 
Depuis, les "Sardinades" ont fait floraison un peu partout et c'est tant mieux ! La bataille de la sardine était gagnée ! On peut dire, sans modestie, que nous y sommes pour quelque chose.
 
La quantité vendue aujourd'hui est d'ailleurs deux fois plus importante ! Et le prix (environ 4,5 euros le kg), n'en parlons pas …mais là, nous n'y sommes pour rien.
 
 
Si mon arrière-grand-père dit "Chois des esques²" revenait parmi nous, lui qui démaillait les sardines de ses filets à la Ribes de Jonquières et les vendait par poignée, mais pour quelques sous seulement, dirait assurément "que son monde a bien changé".
 
 
 
 
 

¹
La S.E.M.O.V.I.M. avait publié, à l'époque, un petit fascicule de 55 recettes, sous la signature de Blaise COLARULLO, pour préparer la sardine.
Aujourd'hui, la S.E.M.O.V.I.M. et l'Office de Tourisme seraient bien inspirés de le publier à nouveau, pour en faire profiter notre population et les touristes de passage intéressés par ces authentiques recettes toutes préparées à la "Martégale".
 
²
Chois : diminutif de François
Aiche, Eche ou Esche. A Martigues, on prononce ESQUE. Il s'agit d'un petit ver que l'on trouve dans la vase et qui sert d'appât pour la pêche.
Au-delà de la pêche aux loups et aux sardines, mon arrière-grand-père ramassait surtout des esques avec lesquels mon arrière-grand-mère en remplissait des petits paniers ensuite expédiés et vendus à Marseille.
Mon arrière-grand-père en avait fait sa spécialité, d'où son surnom "Chois des Esques".
 

 
 
 

   
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Le 13 Juin 1944 .... La suite - Ajoutée le 29/06/2010 à 14:06.
 
 

Vous avez été très nombreux à consulter et apprécier l'article concernant "Le 13 Juin 1944 … La Tragédie".

 
Je dois vous en remercier très sincèrement, car cette date marque une page très douloureuse de l'Histoire de notre Ville.
 
Que vous ayez vécu ou non cette période, vos réponses "100% intéressé" témoignent, qu'au travers de plusieurs générations, le souvenir demeure. Au moins, nos martyrs ne sont pas morts pour rien. On pourrait quelquefois en douter depuis ce temps là : 66 ans aujourd'hui !
 
Comme je vous l'avais proposé, je vais vous parler de ceux qui ont perpétré ces crimes et de l'organisation mise en place par les Allemands.
 
Il s'agit d'un sujet beaucoup moins noble que le précédent !
 
Le 11 Novembre 1942, les Allemands envahissent la partie Sud de la France jusque-là scindée en deux par une ligne de démarcation LYON – VICHY – BORDEAUX.
 
Immédiatement, ils installent, dans chaque région militaire, un siège de la Gestapo (Police dotée de plusieurs pouvoirs y compris sur leur propre organisation militaire).
 
Pour le Sud-Est, leur choix se porte sur une luxueuse villa au n° 425 de la Rue Paradis à MARSEILLE. L'Occupation Allemande durera 20 mois (de Novembre 1942 à Août 1944) et transformera cette demeure en un lieu d'épouvante.
 
Deux noms demeurent attachés à ce sinistre souvenir :
-         ROLF MÜHLER, le "Kommandeur" de la SIPO-SD pour la Région Marseillaise et du Sud-Est comprenant huit départements, et
-         ERNST DÜNKER-DELAGE, Chef de son bureau IV qui était plus puissant et plus actif encore que son supérieur.
 
Celui-ci originaire de HALLE en SAXE n'a, dans sa jeunesse, reculé devant aucun méfait : trafiquant, voleur, proxénète. Ce qui lui valut déjà d'être emprisonné en Allemagne.
 
L'arrivée des Nazis au pouvoir en Allemagne lui permit en adhérent au Parti et grâce à son ardeur, de se faire remarquer. Il pouvait donc désormais voler, piller et tuer en toute impunité.
 
L'intéressé qui parlait couramment et parfaitement notre langue, choisit le pseudonyme de "DELAGE" afin de mieux se franciser et d'inspirer confiance.
 
Il fut donc affecté en France et plus précisément à PARIS. Là, il devint l'ami intime des sinistres Pierre BONNY et Henri LAFONT (le pape de la Gestapo française) qui le recommandèrent aux services allemands et le firent nommer à la Gestapo de MARSEILLE.
 
Son premier rôle fut de recruter (près de 400 et même peut être plus) ses hommes de mains, ses mouchards, ses tortionnaires et ses prostituées dans la pègre marseillaise.
 
DELAGE institua ce qu'il appelait "les séances infernales". Pour être plus clair, il s'agissait de la torture des Résistants arrêtés et dont on entendait les cris et hurlements jusque dans la rue.
 
Une quinzaine de "monstres" furent tout spécialement choisis pour former ses "permanents de la torture", qu'on appelait "La Brigade des Caves".
Bébert dit "Le Frénétique" et Tortora dit "Le Boxeur" étaient les plus redoutés, avec leurs égéries, deux prostituées une certaine "Magguy" et une nommée "Blanche" "égayaient" de leur présence les interrogatoires et les séances de tortures.
 
A la Libération, DUNKER qui avait quitté MARSEILLE avant les derniers combats, fut arrêté à PARIS où il se cachait. Ramené à MARSEILLE et écroué aux Baumettes, ce ne fut que le 21 Janvier 1947 que s'ouvrit son procès, devant le Tribunal Militaire de la 19ème Région. Le Jury avait à répondre à 79 questions. Chacune était passible de la peine capitale. Le dépouillement donna 78 "Oui".
 
La sentence fut prononcée le 24 Janvier 1947. Au mois de Juin 1950, DUNKER était toujours emprisonné aux Baumettes. Il ne fut exécuté que le 6 Juin 1950.
 
Pourquoi une aussi longue attente pour le supprimer ? Ceci restera un mystère. DUNKER a-t-il espéré une grâce accordée à beaucoup d'autres ?
 
Tortora dit "Le Boxeur" fut, quant à lui, abattu au cours d'une expédition contre les Résistants à AIX-EN-PROVENCE, en Juillet 1944.
 
Pour ce qui concerne les autres tortionnaires, la liste serait trop longue pour énumérer ce qu'ils sont devenus. Mais beaucoup, hélas, n'ont écopé que de peines minimales et ont vécu, par la suite, des jours heureux.
 
Témoin : "Au procès de la Gestapo Méridionale au FORT SAINT-NICOLAS, en Janvier 1964, où onze inculpés furent réunis autour de MÜHLER (le chef de DUNKER "DELAGE"). Leurs noms, ainsi que ceux de SCHORER, BLASS, SCHMISCH, WILBERTZ et HOLZ demeuraient dans le souvenir épouvanté des Provençaux".
 
Deux d'entre eux furent condamnés à mort : MÜHLER et SCHORER.
Travaux forcés à perpétuité ou réclusion à temps, pour les autres.
 
"Mais le temps passe, apportant sinon l'oubli, du moins un apaisement dans l'opinion publique. Les circonstances politiques invitèrent à la clémence".
 
Les fusils de peloton épargnèrent MÜHLER et SCHORER. Graduellement, les prisons s'ouvrirent. Les condamnés à mort du FORT SAINT-NICOLAS rentrèrent finalement en Allemagne et reprirent une existence tranquille, sans histoires.
 
Si d'aventure un Français, ancien "interrogé" visitait en touriste la ville de MULHEIM, il pouvait encore lire en 1967, gravé sur une plaque de cuivre à l'entrée d'un commerce de boissons en gros, le nom de son tranquille et respectable directeur, ROLF MÜHLER qui s'éteignit paisiblement en 1967.
 
La justice française avait donné un deuxième "coup de grâce" à nos martyrs.
 
Paul LOMBARD
Maire Honoraire de Martigues
Fils de Fusillé
 
Sources :
 

A
Archives personnelles
B
"La Carlingue de la Rue Paradis"
de Georges IMANN-GIGANDET
C
"Au Service de l'ennemi – La Gestapo française en 1940 – 1944
 de Philippe AZIZ

 
 
   
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